Quand demander l’aide versée par le fonds de solidarité?

Un fonds de solidarité a été créé par l’ordonnance 2020-317 du 25 mars 2020 pour verser une aide directe aux très petites entreprises mises en difficulté en raison de la pandémie de Coronavirus. 

Cette aide, divisée en deux volets, doit être demandée dans les délais suivants : 

– l’aide directe d’un montant égal à la perte de chiffre d’affaires subie en mars 2020 par rapport au mois de mars 2019 et pouvant atteindre au plus 1 500 € pourra être demandée du 1er au 30 avril 2020 ; 

– l’aide complémentaire forfaitaire d’un montant égal à 2 000 € pourra, quant à elle, être demandée à compter du 15 avril et jusqu’au 31 mai 2020.

Source: EFL

Arrêts de travail et Covid-19

Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie, il perçoit, sous certaines conditions, des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Il est notamment appliqué un délai de carence de 3 jours.

La loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19 prévoit la suppression de ce délai de carence pour tous les régimes (régime général, régime agricole et régimes spéciaux dont la fonction publique) et cela concerne tous les arrêts de travail qu’ils soient liés ou non au Covid-19.

Cette mesure s’appliquera pendant toute la durée de l’état d’urgence sanitaire. Aujourd’hui, cette durée a été fixée à 2 mois à compter de l’entrée en vigueur de la loi, soit jusqu’au 25 mai 2020.

En principe, en tant qu’employeur, vous versez au salarié une indemnité complémentaire à l’indemnité journalière de Sécurité sociale s’il remplit notamment les conditions suivantes :

  • justifier d’au moins une année d’ancienneté dans l’entreprise (calculée à partir du premier jour d’absence) ;
  • sauf exception, avoir transmis à l’employeur le certificat médical dans les 48 heures ;
  • être pris en charge par la Sécurité sociale, et donc bénéficier des IJSS ;
  • être soigné sur le territoire français ou dans l’un des autres Etats membres de la Communauté européenne (Code du travail, art. L. 1226-1).

Cette indemnité complémentaire est versée à partir du 8e jour d’absence d’origine non professionnelle (Code du travail, art. D. 1226-3).

Votre convention collective peut prévoir des dispositions particulières.

Mais, un décret publié le 5 mars 2020, a supprimé l’application du délai de carence aux arrêts de travail en lien avec le Coronavirus.

Le Gouvernement va maintenant plus loin. Une ordonnance, publiée le 26 mars 2020, supprime la condition d’ancienneté. Cette mesure s’applique :

  • aux salariés qui bénéficient d’un arrêt de travail en raison de la crise sanitaire (mesure d’isolement, d’éviction ou de maintien à domicile, parent d’un enfant de moins de 16 ans dans l’impossibilité de continuer à travailler, etc.) ;
  • aux salariés en situation d’absence au travail justifiée par l’incapacité résultant de maladie ou d’accident.

L’ordonnance lève également la restriction qui s’appliquait aux salariés travaillant à domicile, aux salariés saisonniers, aux salariés intermittents et aux salariés temporaires.

Cette ordonnnance s’applique depuis le 26 mars 2020.

Source: Tissot

Une aide pour les très petites entreprises touchées par le Covid-19

Afin de prévenir la cessation d’activité des très petites entreprises se trouvant en difficulté du fait de l’épidémie de Coronavirus (Covid-19), un fonds de solidarité financé par l’Etat et les régions a été créé. Ce fonds va permettre de verser une aide directe aux entreprises éligibles.

Pourraient ainsi bénéficier d’une aide les entreprises dont l’effectif est inférieur ou égal à 10 salariés, quel que soit leur statut (société, entrepreneur individuel, association…) et leur régime fiscal et social (y compris micro-entrepreneurs). 

N’y sont toutefois pas éligibles les titulaires d’un contrat de travail ou d’une pension de retraite ainsi que les entrepreneurs ayant bénéficié d’au moins deux semaines d’arrêt maladie en mars.

Plusieurs conditions cumulatives sont requises pour ouvrir droit à cette aide, à savoir : 

– avoir réalisé un chiffre d’affaires sur le dernier exercice clos inférieur à 1 M€ et un bénéfice imposable inférieur à 60 000 € ;

– faire l’objet d’une fermeture par décision de l’administration ou avoir subi une perte de chiffre d’affaires d’au moins 70 % en mars 2020 par rapport à mars 2019. En cas de création d’entreprise après le mois de mars 2019, la comparaison du chiffre d’affaires doit être faite avec la moyenne mensuelle du chiffre d’affaires sur les mois d’activité depuis la création de l’entreprise ; 

– avoir débuté son activité avant le 1er février 2020 ;

– ne pas avoir eu de déclaration de cessation de paiement avant le 1er mars 2020.

Le montant de cette aide est fixé au montant de la perte déclarée de chiffre d’affaires en mars 2020 par rapport au chiffre d’affaires réalisé en mars 2019, dans la limite de 1 500 €.

Pour les entreprises créées après le 1er mars 2019, il convient de retenir comme référence pour le calcul de la perte de chiffre d’affaires le montant de chiffre d’affaires mensuel moyen entre la date de création et le 1er mars 2020.

Lorsque l’entrepreneur a bénéficié d’un congé pour maladie, accident du travail ou maternité en mars 2019, c’est le montant de chiffre d’affaires mensuel moyen réalisé entre le 1er avril 2019 et le 1er mars 2020 qu’il convient de retenir comme point de référence.

Les entreprises concernées pourront faire la demande de l’aide d’un montant maximal de 1 500 € dès le 1er avril prochain. 

Un formulaire de demande sera mis à disposition sur le site impots.gouv.fr comprenant les informations indispensables au traitement de leur demande (numéro Siren/Siret, RIB, montant du chiffre d’affaires, montant de l’aide demandée et déclaration sur l’honneur certifiant que les renseignements fournis sont exacts).

L’aide versée aux entreprises ne sera pas imposable.

Une aide complémentaire d’un montant forfaitaire de 2 000 € pourra être accordée à l’entreprise par la région lorsque :

– elle se trouve dans l’impossibilité de régler leurs créances exigibles à trente jours ;

– elle s’est vue refuser un prêt de trésorerie d’un montant raisonnable par sa banque ; 

– elle emploie au moins un salarié.

Les entreprises pourront se rendre sur une plateforme ouverte par la région dans laquelle ils exercent leur activité à compter du 15 avril 2020.

Source: EFL

Covid 19 : le point sur les mesures sociales

Les échéanciers de paiement sont allongés et le recouvrement forcé stoppé

Pour les cotisants ayant conclu un échéancier d’étalement de leurs dettes avec l’Urssaf, cet échéancier est automatiquement décalé de 3 mois : les échéances de mars, avril et mai sont automatiquement reportées à la fin de l’échéancier.

Par ailleurs, les actions de recouvrement amiable et forcé (mises en demeure, contraintes) sont suspendues depuis le 13 mars 2020, y compris pour les créances antérieures aux annonces présidentielles.

Les huissiers de justice ont pour consigne de suspendre leurs actions sur les créances qui leur ont été confiées.

Toutefois, pour les créances liées à des redressements pour travail dissimulé, la suspension du recouvrement forcé ne s’applique pas.

Pour les travailleurs indépendants et les libéraux, l’échéance du 5 avril ne sera pas prélevée

Pour les travailleurs indépendants et les professions libérales, l’échéance mensuelle du 5 avril ne sera pas prélevée, mais lissée sur les échéances ultérieures (mai à décembre).

L’Acoss rappelle que les travailleurs indépendants et les professions libérales peuvent aussi solliciter :

– l’octroi de délais de paiement sans majoration ou pénalité, y compris par anticipation ;

– un ajustement de leur échéancier de cotisations tenant compte d’une réestimation de leur revenu (sans attendre la déclaration annuelle) ;

– l’intervention de l’action sociale du conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI) pour la prise en charge partielle ou totale de leurs cotisations ou pour l’attribution d’une aide financière exceptionnelle.

Les artisans et commerçants peuvent réaliser leurs démarches :

– par internet sur secu-independants.fr, Mon compte pour une demande de délai ou de revenu estimé ;

– par courriel, en choisissant l’objet « Vos cotisations », motif « Difficultés de paiement » ;

– par téléphone au 3698 (service gratuit + prix appel).

Les professions libérales peuvent également réaliser leurs démarches? :

– par internet, en se connectant à leur espace en ligne sur urssaf.fr et en adressant un message via la rubrique « Une formalité déclarative » > « Déclarer une situation exceptionnelle »?;

– par téléphone, en contactant l’Urssaf au 3957 (0,12 € min + prix appel) ou au 0806 804 209 (service gratuit + prix appel) pour les praticiens et auxiliaires médicaux.

De nouvelles mesures exceptionnelles pour les praticiens et auxiliaires médicaux

Pour les cotisations dues à l’Urssaf

S’agissant des médecins et auxiliaires médicaux, le réseau des Urssaf précise dans sa FAQ que l’échéance mensuelle du 20 mars 2020 ne sera pas prélevée. Son montant sera lissé sur les échéances ultérieures (avril à décembre 2020).

En complément de cette mesure, les intéressés peuvent solliciter :

– des délais de paiement, y compris par anticipation, étant précisé qu’il n’y aura ni majoration de retard ni pénalité ;

– un ajustement de leur échéancier de cotisations pour tenir compte d’ores et déjà d’une baisse de leurs revenus 2020, en réestimant leur revenu sans attendre la déclaration annuelle.

Ces démarches sont à effectuer depuis l’espace en ligne sur urssaf.fr, puis adresser un message via la rubrique « Une formalité déclarative » > « Déclarer une situation exceptionnelle ». Il est également possible de joindre l’Urssaf par téléphone au 0 806 804 209 (service gratuit + prix appel).

Pour les cotisations de retraite

Les sites internet d’un certain nombre de caisses de retraite des professionnels libéraux ont été mis à jour et indiquent des mesures de soutien supplémentaires par rapport à celles que nous avions donné dans notre point au 18 mars 2020.

Pour les médecins

Selon un communiqué du 20 mars 2020 mis en ligne sur le site internet de la Caisse d’assurance retraite des médecins de France (CARMF), le Bureau de la CARMF a décidé, à l’unanimité, que le régime invalidité-décèsfinancera, de façon exceptionnelle et dérogatoire aux dispositions légales et réglementaires en vigueur, des indemnités journalières sans délai de carence.

Ainsi, les médecins libéraux malades du coronavirus, ainsi que les médecins en situation fragile (ALD) qui ne peuvent travailler du fait du contexte actuel d’épidémie, pourront percevoir les indemnités journalières du régime invalidité-décès de la CARMF dès le premier jour d’arrêt et pendant toute la durée d’arrêt lié au Covid-19. Le montant de ces indemnités variera de 67,54 € à 135,08 € par jour selon la classe de cotisations applicable, s’ajoutant aux 112 € versés par l’Assurance maladie.

Le Bureau a également adopté à l’unanimité des mesures de soutien financier aux cotisants la suspension :

– des prélèvements automatiques mensuels pour le-s cotisations 2020 pendant 2 mois (avril et mai), le solde étant alors étalé sur le reste de l’exercice 2020 ;

– du calcul des majorations de retard pour les cotisations 2020 pendant 2 mois ;

– des procédures d’exécution des cotisations antérieures à 2020 pendant 2 mois.

Pour les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes

Selon une information mise en ligne sur son site internet, la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF), indique qu’elle a décidé de prolonger la mesure de suspension du paiement des cotisations. Aucun prélèvement mensuel ne sera donc effectué en avril et mai et aucun prélèvement trimestriel en juin 2020 pour ceux ayant opté pour cette échéance.

Pour les auxiliaires médicaux

La Caisse de retraite des auxiliaires médicaux (Carpimko) indique, sur son site internet que, sans aucune démarche à effectuer de la part des auxiliaires médicaux, les mesures suivantes s’appliquent :

– suspension des prélèvements de cotisations entre le 15 mars et le 30 avril 2020 ;

– report de ces prélèvements en novembre et décembre 2020.

Ces mesures sont susceptibles d’être renouvelées pour les échéances du mois de mai 2020 en fonction de l’évolution de la situation.

Les intéressés ne doivent pas tenir compte de la demande d’acompte de mars 2020.

Aucune pénalité ou majoration de retard ne sera appliquée courant 2020 au titre des cotisations 2020 et des régularisations 2019.

Les droits au régime invalidité-décès sont maintenus (sous réserve d’être à jour des cotisations et majorations de retard au 31 décembre 2019).

Les majorations de retard et les mesures de recouvrement amiables (mises en demeures) et forcées (contraintes) sont suspendues jusqu’au 31 mai 2020.

Le paiement des pensions de retraite et des allocations invalidité-décès continuera d’être normalement assuré, aux dates habituelles de versement.

Des indemnités journalières pour tous les praticiens médicaux

Il est indiqué, dans la FAQ de l’Urssaf que, dans le cadre de l’épidémie de coronavirus, l’assurance maladie va prendre en charge, de manière dérogatoire, les indemnités journalières pour l’ensemble des professionnels de santé libéraux s’ils sont amenés à interrompre leur activité professionnelle, selon des modalités alignées sur celles appliquées aux salariés et aux travailleurs indépendants.

Trois situations sont prévues :

– Professionnels de santé libéraux bénéficiant d’un arrêt de travail parce qu’ils sont atteints par le coronavirus : les indemnités journalières sont prises en charge pendant la durée de l’arrêt de travail avec application d’un délai de carence de 3 jours ;

– Professionnels de santé libéraux devant respecter une période d’isolement (ayant été en contact rapproché avec une personne diagnostiquée positive au coronavirus) : les indemnités journalières sont prises en charge sans application d’un délai de carence ;

– Professionnels de santé libéraux devant rester à domicile pour garder leur enfant concerné par une période d’isolement (cas des enfants scolarisés dans un établissement fermé ou des enfants domiciliés dans une zone identifiée comme zone de propagation du virus mais scolarisés en dehors) : les indemnités journalières sont prises en charge sans application d’un délai de carence. 

Les professionnels de santé se trouvant dans une de ces 3 situations sont invités à contacter le 0811 707 133. Un conseiller du service médical de l’assurance maladie vérifiera si les conditions de prise en charge sont bien remplies et dans ce cas, se mettra en relation avec la Cpam de rattachement pour déclencher le versement des indemnités journalières.

Formation professionnelle : des précisions pour le CPF et les organismes de formation

CPF : annulation des formations pour cas de force majeure

Dans un questions/réponses, mis à jour en dernier lieu le 17 mars, le ministère du travail précise les conséquences de l’épidémie de coronavirus sur les formations suivies dans le cadre du compte personnel de formation (CPF).

Il est clairement précisé que toutes les annulations de formation demandées depuis le 12 mars 2020 par les titulaires d’un CPF sont justifiées par un cas de force majeure. Il s’ensuit que tous les frais déjà engagés à ce titre par le titulaire doivent lui être remboursés et les droits à formation mobilisés au titre du CPF doivent être récrédités sur celui-ci. En effet, les indemnités d’annulation mentionnées dans les conditions générales d’utilisation (CGU) ne sont pas applicables en cas de force majeure même si l’annulation est demandée durant la période de 7 jours précédant le début de la formation.

Attention ! Les annulations ne sont pas automatiques. Le titulaire doit en faire la demande dans son espace sécurisé après authentification sur www.moncompteformation.gouv.fr. De leur côté, les organismes de formation doivent également procéder à l’annulation des formations qu’ils proposent sur leur espace dédié (www.of.moncompteformation.gouv.fr).

Les organismes de formation peuvent continuer les formations à distance

Le ministère du travail rappelle que les organismes de formation ne peuvent plus accueillir de publics jusqu’au 15 avril 2020. Ces derniers peuvent toutefois, en accord avec les stagiaires, décider de décaler ultérieurement les sessions en présentiel initialement prévues jusqu’à cette date.

Dans certains cas, la formation peut continuer son cycle normal dans le cadre d’une formation à distance. Pour cela, le stagaire doit être en possession de l’équipement nécessaire au bon déroulement de la formation. Les règles de contrôle de service fait ont d’ores et déjà été simplifiées pour permettre l’organisation de la formation à distance avec des modes de preuve facilités et allégés. Dès lors que l’organisme de formation est en capacité d’assurer la poursuite de la formation à distance, le salarié doit continuer de percevoir sa rémunération ou bien, si l’entreprise l’a placé en activité partielle, l’indemnité correspondante.

Des régles spécifiques sont prévues pour les salariés en projet de transition professionnelle (PTP). Ainsi, lorsque les stagiaires ne peuvent réaliser leur action de formation en raison d’une fermeture exceptionnelle de l’organisme de formation, ils peuvent être redirigés vers un autre organisme de formation proposant la tenue de l’action de formation selon des modalités d’organisation adaptées à la situation. En cas d’impossibilité d’organiser l’accueil au sein d’un organisme, lorsque le salarié effectue son PTP pendant l’exécution de son contrat de travail, il doit faire une demande de retour anticipé auprès de son employeur de manière temporaire pendant la période de fermeture. Lorsque le salarié effectue son PTP après le terme de son contrat de travail, les associations Transitions pro maintiennent la rémunération de stagiaire de la formation pendant la période de suspension. 

S’agissant de leurs propres salariés, les organismes de formation doivent impérativement adopter le travail à distance (télétravail) et faciliter tout aménagement des conditions de travail des travailleurs en vue de garantir leur sécurité. En cas d’impossibilité de maintenir temporairement l’activité, les règles d’activité partielle s’appliquent.

Quelles mesures pour les particuliers-employeurs ?

Dans une actualité du 20 mars 2020 diffusée sur le site du CESU, les particuliers employeurs sont invités, face à la crise du Covid-19, à verser l’intégralité de la rémunération du mois de mars de leur salarié, même si toutes les heures déclarées n’ont pas été travaillées.

Toutefois une « mesure exceptionnelle d’accompagnement », opérationnelle pour la prochaine période de déclaration (soit la période d’avril), sera mise en place pour les particuliers employeurs ne souhaitant pas avoir les heures non travaillées à leur charge. À cet effet, un formulaire d’indemnisation spécifique sera mis en place prochainement dans lequel l’employeur indiquera le nombre d’heures prévues et non travaillées. En retour, le CESU lui indiquera le montant de l’indemnisation à verser au salarié.

Cette indemnisation correspondra à 80 % du montant net des heures non réalisées. Pour le salarié, elle ne sera pas soumise aux prélèvements sociaux mais devra figurer dans sa déclaration d’impôt sur le revenu. Pour les particuliers-employeurs, l’indemnisation sera remboursée par le CESU et ne pourra entrer dans le montant correspondant au crédit d’impôt pour l’emploi du salarié à domicile. L’employeur peut, en outre, faire le choix de maintenir la rémunération nette complète en versant un complément de salaire.

Un dispositif similaire est mis en place par Pajemploi au titre de la garde d’enfants par des assistantes maternelles ou des gardes à domicile. 

Source: EFL

Les prêts garantis par l’Etat (Covid 19)

Pour soutenir la trésorerie des entreprises françaises, confrontées à la chute de leurs revenus depuis le début de l’épidémie de Covid 19, le Gouvernement vient de mettre en place un programme de garantie d’Etat des prêts aux entreprises, pour un montant de 300 milliards d’euros (Arrêté ECOT2008090A du 23-3-2020 : JO 24 texte n° 10).

Ce dispositif est applicable aux prêts consentis depuis le 16 mars dernier et s’applique jusqu’au 31 décembre 2020.   

Peuvent bénéficier de ce dispositif les entreprises de toute taille, quelle que soit leur forme juridique, et notamment, les sociétés, les commerçants, les artisans, les exploitants agricoles, les professions libérales, les micro-entrepreneurs ainsi que les associations et les fondations ayant une activité économique (arrêté art. 3 al. 3).

Les prêts garantis ne seront toutefois pas accessibles aux SCI, aux établissements de crédit et aux sociétés de financement (Arrêté art. 3, al. 2). 

Le montant des prêts garantis pourra représenter jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires de 2019 (25 % du montant total du CA HT) ou deux années de masse salariale France pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019. Plusieurs prêts pourront être consentis à une même entreprise, sans dépasser ce plafond (Arrêté art. 5).

Aucun remboursement ne sera exigé la première année, les emprunteurs pouvant choisir, à l’issue de cette première année, d’amortir les prêts en question sur une période additionnelle allant jusqu’à 5 années (Arrêté art. 5, al. 3). 

Le ministre de l’économie a toutefois indiqué, dans la conférence de presse tenue mardi 24 mars au matin, que les entreprises qui ne respecteraient pas leurs obligations en terme de délais de paiement de leurs fournisseurs n’auront pas accès à cette garantie de l’Etat.   

Ni les entreprises ni les entrepreneurs n’engageront leur patrimoine en cas de défaut de remboursement de ce prêt. 

La garantie accordée par l’Etat couvre une fraction du montant prêté de 90 % pour les entreprises employant en France moins de 5 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaire inférieur à 1,5 milliard d’euros.

Le prix de la garantie est fixé suivant un barème qui dépend de la taille de l’entreprise et de la durée du prêt et qui varie entre 0,25 % et 2 % (Arrêté art. 7). La commission de garantie est versée en une fois lors de l’octroi de la garantie puis, le cas échéant, une seconde fois lors de l’exercice par l’emprunteur de la clause lui permettant d’amortir le prêt sur une ou plusieurs années supplémentaires.

Le taux d’intérêt du prêt garanti est librement fixé par les banques, ces dernières s’étant engagées à délivrer des crédits à prix coûtant.

Concrètement, pour obtenir un crédit garanti, une entreprise doit se rapprocher de son établissement de crédit habituel pour faire une demande de prêt. Si l’entreprise remplit les critères d’éligibilté exposés ci-dessus, la banque lui donne un préaccord, et l’entreprise doit alors obtenir de Bpifrance une attestation de demande PGE (prêt garanti par l’Etat) avec un numéro d’identifiant unique. Ce mécanisme a été mis en place pour éviter qu’une même entreprise ne bénéficie plusieurs fois de la garantie de l’Etat. 

Pour obtenir son identifiant l’entreprise doit se connecter à l’adresse suivante : attestation-pge.bpifrance.fr et fournir un certain nombre d’informations (notamment Siren, montant du prêt et nom de l’agence bancaire). 

La banque exigera cette attestation avant de valider définitivement le financement de l’entreprise et de mettre les fonds à disposition.

Attention : l’entreprise ne doit demander son numéro d’identification et son attestation qu’après avoir obtenu le préaccord de sa banque.  

En cas de difficultés, ou de refus de l’identifiant, une adresse mail est mise à disposition des entreprises : supportentreprise-attestation-pge@pgefrance.fr 

Source: EFL

Remboursement des frais dans le BTP

Dans le cadre de leur déplacement sur chantier, les salariés du BTP sont susceptibles d’engager des frais professionnels. L’entreprise ayant l’obligation de les prendre en charge. Celle-ci peut s’effectuer de plusieurs manières :

  • le remboursement des frais réels sur justificatif : vous remboursez les frais réellement engagés sur la base des justificatifs qui vous seront remis par les salariés (facture, ticket de caisse, etc.);
  • le paiement direct des frais engagés par les salariés en fournissant par exemple une carte bancaire pour le paiement de l’hôtel et des repas. Dans cette situation, le salarié doit demander les justificatifs correspondants ;
  • le versement d’une allocation forfaitaire : celle-ci est exonérée de cotisations dans la limite de plafonds fixés chaque année par l’URSSAF. Par ailleurs, les circonstances de déplacement doivent être justifiées.

Allocation de repas en cas de petit déplacement : barème 2020

Les salariés du BTP amenés à travailler sur chantier en petit déplacement peuvent bénéficier d’une allocation forfaitaire indemnisant les frais de repas engendrés par l’impossibilité de rentrer à leur domicile ou au siège de la société.

Pour l’année 2020, cette allocation forfaitaire est exonérée de cotisations dans la limite de 9,30 euros.

En cas de pratique de l’abattement pour frais professionnels de 10 %, l’allocation forfaitaire indemnisant les frais de repas doit être réintégrée dans l’assiette de cotisations de Sécurité sociale.

Allocations de grand déplacement : barème 2020

L’exonération des indemnités versées aux salariés travaillant sur chantier n’est possible que si la situation de grand déplacement est établie, à savoir lorsque les salariés ne peuvent regagner chaque jour leur domicile, du fait de leurs conditions de travail. Cet empêchement est présumé si les conditions suivantes sont simultanément réunies :

  • la distance entre le lieu de résidence et de travail du salarié est supérieure ou égale à 50 km (trajet aller) ;
  • les transports en commun ne permettent pas de parcourir cette distance dans un temps inférieur à 1 H 30 (trajet aller).

Une fois cette circonstance établie, les allocations versées peuvent être exonérées sans justificatifs, dans la limite des seuils fixés pour l’année.

Pour les grands déplacements en Métropole, deux limites sont fixées pour l’année 2020 :

  • l’une pour le montant des dépenses de repas (19 €/repas) ;
  • l’autre, pour le montant des dépenses de logement et petit déjeuner, à Paris et en région parisienne – pour les départements du 75, 92, 93 et 94 – (68,10 €/jour), et dans les autres départements (50,50 €/jour).

Ces limites s’appliquent aux 3 premiers mois de déplacement sur un même chantier. Elles sont réduites de 15 % du 4e mois au 24e mois. Puis, du 25e mois au 72e mois, de 30 %.

Source: Tissot

Covid-19 : les mesures applicables dans le Btp

Avec l’accord du maître d’ouvrage et de vos salariés, vous pouvez prendre la décision de maintenir votre activité sur les chantiers.

Dans cette situation, vous devrez préalablement mettre en œuvre une démarche de prévention en y intégrant les risques spécifiques liés à l’épidémie actuelle. Cette démarche de prévention devra être intégrée dans votre document unique d’évaluation des risques (DUER).

Par ailleurs, vous devrez mettre en œuvre toutes les mesures visant à prévenir le risque de contamination qui peuvent être les suivantes :

  • port du masque respiratoire ;
  • fourniture de gants ;
  • repenser l’organisation des chantiers avec la mise en place de postes de travail permettant une distance d’au moins 1 mètre entre chaque salarié ;
  • rappeler aux salariés les gestes «d’hygiène  barrières »  édictés par le gouvernement.

Toutes les tâches qui ne permettent pas le respect de ces règles de sécurité ou qui ne peuvent être effectuées (absence des matériaux suite à l’arrêt des approvisionnements, absence des salariés formés ou insuffisance des EPI permettant la protection des salariés), devront être reportées

Suite aux annonces du Président de la République, vous pouvez décider d’arrêter votre activité sur les chantiers, ce choix pouvant résulter de plusieurs causes :

  • vos salariés ont exercé leur droit de retrait ;
  • tous vos clients ordonnent l’arrêt de vos chantiers jusqu’à nouvel ordre ;
  • ou vous considérez que vous n’êtes pas en mesure de prévenir les risques liés à cette épidémie sur les chantiers.

Pour le personnel administratif, vous pouvez toujours privilégier le maintien de leur activité sous forme de télétravail ou alors leur demander de travailler dès lors que le télétravail est impossible.

Dans ce cas, plusieurs possibilités d’indemnisation s’offrent à vous :

Vous pouvez tout d’abord modifier dans certains cas la date de prise des congés payés acquis entre le 1er avril 2018 et le 31 mars 2019 

Si les salariés ont déjà posé leur solde de congés payés, cette possibilité est admise.

En cas de circonstances exceptionnelles, vous êtes autorisé à modifier les dates de congés dans le mois qui précède le départ en vacances.

Vous pouvez mettre vos salariés en activité partielle

En principe, sont indemnisées par l’employeur au titre de l’activité partielle :

  • uniquement les heures « chômées » sous la durée légale de 35 heures. Les heures supplémentaires n’ont pas à être indemnisées par l’employeur.
  • dans la limite d’un contingent de 1000 heures par an par salarié ;

Toutefois, ces règles sont susceptibles d’évoluer prochainement par un décret qui devrait paraitre dans les jours à venir.

Source: Tissot

Covid-19 : Interdiction d’accueil du public

Pour « ralentir la propagation du virus Covid-19 », un arrêté ministériel du 14 mars 2020 (JO du 15-03-2020) impose la fermeture de certains établissements recevant du public (ERP) jusqu’au 15 avril 2020.

Un arrêté ministériel du 15 mars 2020, et publié le 16 mars 2020, apporte de nouvelles précisions.

Afin de ralentir la propagation du virus, les mesures d’hygiène et de distanciation sociale « barrières » , définies au niveau national, doivent être observées en tout lieu et en toute circonstance.

Les ERP relevant des catégories suivantes, au sens de la réglementation incendie, ne peuvent plus accueillir du public, jusqu’au 15 avril 2020 :

– catégorie L : Salles d’auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usage multiple ;

– catégorie M : Magasins de vente et Centres commerciaux, sauf pour leurs activités de livraison et de retraits de commandes ;

– catégorie N : Restaurants et débits de boissons, sauf pour leurs activités de livraison et de vente à emporter, le “room service” des restaurants et bars d’hôtels et la restauration collective sous contrat ;

– catégorie P : Salles de danse et salles de jeux ;

– catégorie S : Bibliothèques, centres de documentation ;

– catégorie T : Salles d’expositions ;

– catégorie X : Etablissements sportifs couverts ;

– catégorie Y : Musées ;

– catégorie CTS : Chapiteaux, tentes et structures ;

– catégorie PA : Etablissements de plein air ;

– catégorie R : Etablissements d’éveil, d’enseignement, de formation, centres de vacances, centres de loisirs sans hébergement, sauf exceptions.

Les établissements relevant de la catégorie M peuvent toutefois continuer à recevoir du public pour les activités suivantes :

– Entretien et réparation de véhicules automobiles, de véhicules, engins et matériels agricoles

– Commerce d’équipements automobiles

– Commerce et réparation de motocycles et cycles

– Fourniture nécessaire aux exploitations agricoles

– Commerce de détail de produits surgelés

– Commerce d’alimentation générale

– Supérettes

– Supermarchés

– Magasins multi-commerces

– Hypermarchés

– Commerce de détail de fruits et légumes en magasin spécialisé

– Commerce de détail de viandes et de produits à base de viande en magasin spécialisé

– Commerce de détail de poissons, crustacés et mollusques en magasin spécialisé

– Commerce de détail de pain, pâtisserie et confiserie en magasin spécialisé

– Commerce de détail de boissons en magasin spécialisé

– Autres commerces de détail alimentaires en magasin spécialisé

– Les distributions alimentaires assurées par des associations caritatives

– Commerce de détail de carburants en magasin spécialisé

– Commerce de détail d’équipements de l’information et de la communication en magasin spécialisé

– Commerce de détail d’ordinateurs, d’unités périphériques et de logiciels en magasin spécialisé

– Commerce de détail de matériels de télécommunication en magasin spécialisé

– Commerce de détail de matériaux de construction, quincaillerie, peintures et verres en magasin spécialisé

– Commerce de détail de journaux et papeterie en magasin spécialisé

– Commerce de détail de produits pharmaceutiques en magasin spécialisé

– Commerce de détail d’articles médicaux et orthopédiques en magasin spécialisé

– Commerces de détail d’optique

– Commerce de détail d’aliments et fournitures pour les animaux de compagnie

– Commerce de détail alimentaire sur éventaires et marchés

– Vente par automates et autres commerces de détail hors magasin, éventaires ou marchés n.c.a.

– Hôtels et hébergement similaire

– Hébergement touristique et autre hébergement de courte durée lorsqu’il constitue pour les personnes qui y vivent un domicile régulier

– Terrains de camping et parcs pour caravanes ou véhicules de loisirs lorsqu’ils constituent pour les personnes qui y vivent un domicile régulier

– Location et location-bail de véhicules automobiles

– Location et location-bail d’autres machines, équipements et biens

– Location et location-bail de machines et équipements agricoles

– Location et location-bail de machines et équipements pour la construction

– Activités des agences de placement de main-d’œuvre

– Activités des agences de travail temporaire

– Réparation d’ordinateurs et de biens personnels et domestiques

– Réparation d’ordinateurs et d’équipements de communication

– Réparation d’ordinateurs et d’équipements périphériques

– Réparation d’équipements de communication

– Blanchisserie-teinturerie

– Blanchisserie-teinturerie de gros

– Blanchisserie-teinturerie de détail

– Services funéraires

– Activités financières et d’assurance

A noter que les ERP classés dans la catégorie de type W (Administrations, banques, bureaux) ne sont pas concernés par l’interdiction d’accueil du public.

Interdiction des déplacements et d’accueil du public : nouvelles précisions

Un décret 2020-264 du 17 mars 2020, publié le 18 mars 2020, précise que la violation des interdictions de se déplacer hors de son domicile, la méconnaissance de l’obligation de se munir du document justifiant d’un déplacement autorisé, ainsi que la violation des mesures restrictives pouvant être prises par un Préfet lorsque des circonstances locales l’exigent, sont punies de l’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe.

Le montant de l’amende forfaitaire encourue est de 135 €, et celui de l’amende forfaitaire majorée de 375 € (Code de procédure pénale, articles R 49 et R 49-7).

Parallèlement, un arrêté ministériel publié ce 18 mars 2020 est venu compléter la liste des activités restant autorisées pour l’accueil du public, dans les établissements recevant du public (ERP) .

La liste, qui figure en annexe à un arrêté du 14 mars 2020, a été complétée par l’activité suivante :

– Commerce de détail de produits à base de tabac, cigarettes électroniques, matériels et dispositifs de vapotage en magasin spécialisé

Pour consulter l’arrêté du 14 mars 2020 : cliquer ici

Source: EFL

Coronavirus: comment demander un délai de paiement ou une remise d’impôts directs ?

A la suite des annonces du ministère de l’économie et des finances pour aider les entreprises se trouvant en difficulté en raison du coronavirus, l’administration fiscale vient de préciser que les entreprises ont la possibilité de demander à bénéficier d’un délai de paiement ou d’une remise d’impôt direct (impôt sur les bénéfices notamment).

Afin de faciliter leurs démarches, les entreprises peuvent accéder sur le site impots.gouv.fr à un formulaire de demande spécifique à leur situation. Les entreprises concernées devront notamment y indiquer des éléments justificatifs suivants : 

– le montant de leur chiffre d’affaires mensuel réalisé de janvier à mai 2019 ainsi que celui réalisé de janvier à mai 2020 ; 

– les autres dettes à honorer (nature, montant, échéance) ; 

– la situation de leur trésorerie ; 

– et tous autres éléments de nature à justifier un délai de paiement ou une remise.